Allaitement : les françaises mauvaises élèves

Allaitement en France

Que ce soit l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ou le Programme National Nutrition Santé (PNNS) en France, ces deux autorités de santé recommandent l’allaitement maternel jusqu’aux 6 mois de l’enfant.

Or, les françaises font figure de mauvaises élèves, avec un nourrisson sur 4 qui bénéficierait du lait de sa mère selon l’étude Epifane (Épidémiologie en France de l’alimentation et de l’état nutritionnel des enfants pendant leur première année de vie). L’Institut de Veille Sanitaire (INVS) a piloté cette étude qui porte sur un échantillon de 3 365 bébés nés au premier trimestre 2012.

La France en retard par rapport aux autres pays d’Europe

Les françaises à la traine certes, mais en progrès par rapport aux années 1970 où moins de la moitié des nouveau-nés étaient allaités par leur mère au cours du séjour à la maternité.

Un progrès significatif mais qui fait de l’ombre à la difficulté éprouvée par un grand nombre de mamans à poursuivre l’allaitement au-delà des premiers jours ou semaines.

L'enquête montre en effet que la proportion de bébés recevant encore du lait maternel à 3 mois tombe à 39 % et que seul un enfant sur quatre est toujours nourri au sein à l'âge de 6 mois.

En comparaison à ses voisins européens, la France se révèle en retard. « Les pays disposant de données font état de taux d’allaitement maternel entre 3 et 12 mois supérieurs à ceux observés dans Épifane.»

Par exemple, en Italie, 66% des enfants âgés de 3 à 4 mois sont allaités (quel que soit le degré d’exclusivité) et 43% au Royaume-Uni.

Activité professionnelle et manque d’information sont à l’origine du décrochage

Ces recommandations sur l’allaitement sont difficiles à honorer notamment à cause de l’activité professionnelle des mères.

Les bébés les plus nourris au sein sont aussi ceux qui ont les mamans les plus diplômées : 44 % des femmes non titulaires du baccalauréat allaitaient un mois après la naissance, contre 62 % pour celles qui avaient un niveau d’études supérieur au bac.

Le congé maternité étant de 3 mois, elles doivent forcément reprendre leur activité professionnelle.

Il est difficile de concilier allaitement et vie professionnelle. Peu d’entreprises se soucient de la question, certaines proposent des aménagements « bricolés ».

Sans oublier le regard de la hiérarchie vis-à-vis de la salariée qui pense que les mères manquent d’investissement dans l’entreprise.

A contrario, l'étude indique que la reprise du travail par la mère n'est pas la principale cause de sevrage.

Le manque d’information et d’accompagnement des femmes sur l’allaitement  sont des facteurs qui les poussent à renoncer. Des douleurs ressenties lors de la mise au sein, la peur de manquer de lait ou la fatigue sont en général à l'origine du décrochage.

Poursuivre les campagnes d’information et la formation du personnel de périnatalité

Ainsi, la France reste l’un des pays d’Europe où le taux d’initiation de l’allaitement maternel à la naissance est l’un des plus bas mais également l’un des pays où les mères qui choisissent d’allaiter leur enfant le font le moins longtemps.

De ce fait, des campagnes d’information sur l’allaitement maternel auprès des futures mères et des mères ainsi qu’une formation renforcée des personnels exerçant dans les domaines de la périnatalité, de la pédiatrie et de la protection maternelle et infantile.

Sources:
InVS Résultats de l’Enquête Elfe maternité, France métropolitaine, 2011,
InVS Résultats Epifane, Bulletin épidémiologique 2014


Mise à jour le Mercredi, 22 Octobre 2014 09:27